Serment de l’espace

Il est de ces destins qui rappellent que tout est possible, et que du bas de l’échelle l’on peut arriver au plus haut, parfois même en peu de temps. Indochine raconte, dans l’une de ses histoires, comment un jeune fan de rock a su gravir les échelons par le seul moyen de son talent. Ainsi le jeune fan d’Indochine, totalement inconnu au bataillon, envoie dans la période de 1997 des maquettes et remixes à Nicola Sirkis, comme sans doute d’autres fans avant et après lui. Impressionné par la débrouille d’Olivier Gérard, le leader lui offre l’opportunité de poser sa pierre à l’édifice Indochine en lui demandant de confectionner la pochette du prochain single à sortir, celui de Satellite. Oli étant graphiste de formation, le job lui est tout trouvé, et le résultat lui vaudra son surnom : oLi De SaT (Olivier de Satellite). Après quoi il effectuera les maquettes de certaines chansons de l’album suivant en 1999, puis sera carrément en charge de la composition de tout l’album Paradize à la place de Jean-Pierre Pilot en 2002 ! Et non content de composer les titres, c’est lui qui sera l’architecte principal de l’Indochine moderne, de la croix emblématique de Paradize à l’environnement sonore qui fait l’identité du groupe aujourd’hui. Sacré destin, vous dis-je !

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Satellite est une pure métaphore de l’amour adolescent, une élévation sentimentale empreinte de rêverie. L’originalité de la chanson consiste à apposer ce texte envolé et la voix haute de Nicola sur une rythmique très rock. A la suite des couplets latents débarquent une batterie et une guitare endiablées, presque ironiques dans la démarche, ou est-ce la représentation de l’envol vers l’espace ? Quoi qu’il en soit l’ambiance reste drôle, légère, sorte de rock enjoué qui ne se prend pas au sérieux. La phase mélodique succédant au refrain et les quelques trouvailles sonores finissent de compléter un tableau coloré, qui donne plus envie de sauter que de danser. C’était d’ailleurs le but visé en créant cette chanson, et le clip en confirmera la vision ! En fin de compte, c’est un rock que l’on aime, simple et efficace. La version présente sur le single offre d’ailleurs un son plus live, avec des percussions plus franches et des guitares plus nerveuses, et Nicola entonne quelques vocalises absentes de la version album. Le clip est dans la lignée de Drugstar, avec les mêmes figurants mais dans un salon et un style évoquant directement un des groupes qui influencent Indo à cette époque, Blur.

En « face B » figure une autre chanson de l’album, Coma, Coma, Coma, titre également rock dans l’esprit, très rythmique, arrivé tard lors de la conception de l’album. Comme Satellite, les paroles racontent plus un délire amoureux qu’une véritable histoire. Côté concerts, les deux chansons sont très rarement interprétées sur scène mais Satellite s’invitera non sans surprise dans le Black City Club lors de l’acte III du BCTour, à commencer par Bruxelles ce soir du 12 mars 2014, comme pour symboliser l’éternel attachement de Wax à la Belgique.

Satellite est le troisième single de Wax, et il est curieusement beaucoup moins rare que les deux premiers, Drugstar et Je N’embrasse Pas. Une aubaine pour ceux qui désirent ajouter le tout premier travail d’Oli pour Indochine dans leur collection !

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