Indo-sur-Scène
La tournée, sobrement baptisée Wax Tour, commence près d’un mois après la sortie de l’album. Les salles sont relativement petites et les dates toujours peu nombreuses, mais le public est bien là et manifeste plus que jamais son soutien aux frères Sirkis. Wax a de plus créé une nouvelle dynamique avec des chansons jeunes et contemporaines, tandis que de nouvelles générations s’ajoutent aux anciennes dans le public comme le confirmait déjà la tournée précédente. Du nouveau monde rallié à la cause Indochine, et un groupe plus que jamais en activité comme le démontrera Indo Live, album enregistré le 11 mai 1997 à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Nicola et sa manageuse Virginie Borgeaud décident d’un commun accord de signer avec TF1, idée peu engageante sur le papier mais qui s’avérera judicieuse : le groupe gagne une nouvelle visibilité et l’album live se vendra confortablement (300’000 exemplaires vendus)! Devant ce succès, le groupe repart sur les routes au printemps 1998 pour une seconde tournée, le Live Tour. Je vous renvoie à l’article dédié à cette période aussi délicate que passionnante.
Indo Live revient donc sur une date bruxelloise du Wax Tour, dans une salle à la dimension représentative des concerts de l’époque. L’Ancienne Belgique n’est en effet pas bien grande et la scène est plutôt basique, aux jeux de lumières limités, ce qui permet néanmoins de montrer aux générations ultérieures un concert d’Indo dans son jus de l’époque, tout en simplicité. Et de faire entendre des chansons que le groupe ne jouera plus avant très longtemps comme Mire-Live, précédée d’une intro issue du film de Tim Burton : Edward aux Mains d’Argent. Les douces premières secondes de la chanson sont parfaites pour commencer le concert, mais il faut vite Unisexe pour faire bouger les foules ! Dommage qu’un aussi bon titre pop-rock ne soit pas joué plus souvent dans les concerts récents, à l’inverse de l’intemporel 3 Nuits par Semaine. Ce dernier se voit transfiguré depuis la tournée précédente, où le synthé laisse peu à peu la place aux guitares pour un résultat plus brut et énergique. Pour revenir sur les raretés, la chanson issue de l’album précédent La Main sur Vous, et le très aimé des fans Echo-Ruby font plaisir à entendre. Idem pour Les Silences de Juliette, là encore un titre qui ne passera pas le cas de la tournée, déjà mise au placard à partir de Dancetaria.
A remarquer qu’Indo Live a beaucoup été retravaillé en studio, à l’instar de Radio Indochine. Certains passages sont vraiment flagrants à ce propos, comme sur Punishment Park où il y a un dédoublement de voix à certains endroits. Mais c’est Révolution qui témoigne des différences les plus flagrantes, puisque l’audio intègre une choriste qui est absente du concert ! Les chœurs ont donc été rajoutés en studio, comme beaucoup d’autres éléments probablement, et la chanson ouvre sur un fondu suspect. A noter que sur la vidéo la version de la chanson est plus proche de la réalité car en entier, avec présentation des musiciens et cette fois sans intervention sous quelque forme que ce soit d’une choriste fantôme. Qu’importe, l’énergie brute de ce concert est bien perceptible, en témoigne le britpop Satellite qui continue d’ailleurs son petit bonhomme de chemin en tant que single. Ses accords de guitares bien sentis font soulever un public au rythme de ses riffs bondissants, avant que Nicola ne fasse poser une atmosphère plus lente et posée avec la ballade Je N’embrasse Pas (« mais je vous embrasse quand même ! »).
Le second CD rassemble les grands classiques d’Indochine, d’où l’aspect « Best of live » qui avait été vanté par le label pour vendre le double disque. Les arrangements y sont de très bonne facture, avec un Des Fleurs pour Salinger gonflé à bloc, Mes Regrets/3ème Sexe dans un émouvant piano-voix qui fera l’objet d’un single et bien sûr L’Aventurier, lui-même sorti en single promo. Monte Cristo est une heureuse surprise du concert, avec un son de synthé conduit par J.-P. Pilot, plutôt original et faisant penser à une trompette en intro et sur les refrains. Le concert accueillait ce soir-là Dimitri pour jouer quelques notes de saxo sur Drugstar, et c’est un régal ! A défaut d’avoir La Sécheresse du Mékong et Peter Pan, pourtant joués ce soir-là, le générique de fin du VHS/DVD passe ce dernier dans sa version album, une bien maigre consolation pour ces deux titres manquant à l’appel malgré l’étiquette « Concert intégral » vantée de la commercialisation du live.
La santé déclinante de Stéphane a suscité des interrogations sur les conditions dans lesquelles ont eu lieu le Wax et le Live Tour, et il est difficile de savoir où est la vérité et surtout à quel point doit-on s’y intéresser et en juger. Toujours est-il que cette captation est la dernière avec Stef présent sur scène, cristallisant son existence dans l’histoire d’Indochine sur cet ultime tour de danse.
Les supports audio et vidéo sortent simultanément le 7 novembre 1997, une première depuis la tournée de 7000 Danses. Autre première fois, l’audio sort sur double CD plutôt que sur un seul disque, tandis que la K7 zappe de nombreuses chansons pour faire rentrer le concert sur son étroite bande. Côté vidéo, le concert sort d’abord en VHS comme le veut l’époque mais un DVD le rendra plus accessible en 2002. Notons aussi la sortie d’un Songbook pour l’occasion (voir photos). Comme dit plus haut, deux singles sont venus accompagner cette sortie en grandes pompes : un promo de L’Aventurier distribué aux radios et un autre commercial qui vante à juste titre les mérites de Mes Regrets/3ème Sexe.
